Vous êtes plusieurs à vous demander comment faire un compost afin de décomposer vos déchets. Il faut savoir que faire un compost consiste à mélanger des déchets riches en azote, comme les épluchures, avec des matières plus sèches riches en carbone, comme les feuilles mortes ou le carton, puis à maintenir un peu d’humidité et d’air pour que la décomposition se fasse naturellement. En pratique, cela revient à choisir un emplacement, alterner apports humides et secs, surveiller l’humidité, aérer de temps en temps et laisser le tout mûrir avant de l’utiliser au jardin.

Comment faire un compost étape par étape ?
Voici une méthode simple qui convient à la grande majorité des situations, qu’il s’agisse d’un composteur en bac ou d’un tas installé directement au jardin.
1. Choisir le bon emplacement
Pour un composteur extérieur, il est préférable de l’installer directement sur la terre plutôt que sur une surface bétonnée, afin de faciliter les échanges avec le sol et l’arrivée des petits organismes qui participent à la décomposition. Un emplacement accessible depuis la cuisine facilite les apports réguliers. Une exposition modérée, ni en plein soleil permanent ni dans un coin totalement sombre et humide, convient généralement bien, mais cela peut varier selon le climat local. Il n’existe pas un emplacement unique valable partout : mieux vaut adapter le choix à la configuration du jardin.
2. Choisir son type de compostage
Plusieurs systèmes existent selon l’espace disponible :
- Composteur en bac : pratique, contenu et discret, adapté à la plupart des jardins.
- Compost en tas : simple et peu coûteux, adapté aux grands terrains.
- Composteur rotatif : facilite le mélange des matières, intéressant pour limiter l’effort d’aération.
- Lombricomposteur : conçu pour l’appartement ou les petits espaces, il utilise des vers pour transformer les déchets alimentaires.
3. Commencer par une première couche adaptée
Il est souvent utile de démarrer avec une couche de matières grossières comme de petites branches, des brindilles ou du broyat, afin de favoriser une bonne circulation de l’air à la base. Cette étape n’est toutefois pas absolument indispensable dans tous les cas, notamment si le composteur repose déjà sur une terre bien drainée.
4. Alterner les matières humides et les matières sèches
Un compost efficace repose sur l’équilibre entre deux grandes catégories de matières.
Matières humides (vertes, azotées) : épluchures, restes de fruits et légumes, marc de café, tontes de gazon en quantité modérée, fleurs fanées.
Matières sèches (brunes, carbonées) : feuilles mortes, carton brun non plastifié, papier non traité, brindilles, broyat, paille.
Plutôt que de viser un ratio théorique difficile à appliquer au quotidien, une astuce simple consiste à ajouter une couche de matières sèches chaque fois que l’on dépose une grande quantité de déchets humides.

5. Maintenir une bonne humidité
Un compost bien équilibré a une texture proche de celle d’une éponge essorée : humide au toucher, mais sans eau qui s’écoule. S’il est trop sec, la décomposition ralentit fortement ; il faut alors ajouter un peu d’eau ou des matières fraîches. S’il est trop humide, il risque de sentir mauvais et de se tasser ; il faut alors ajouter des matières sèches et l’aérer davantage.
6. Aérer régulièrement
La décomposition d’un compost repose largement sur des micro-organismes qui ont besoin d’oxygène. Mélanger le tas à la fourche, retourner certaines zones ou utiliser un aérateur de compost permet de relancer ce processus. Plutôt que de suivre une fréquence rigide, il est préférable d’intervenir dès que le compost se compacte, devient trop humide ou commence à dégager une odeur désagréable.
7. Laisser le compost mûrir
La durée de maturation dépend de nombreux facteurs : nature des matières, taille des morceaux, température, humidité, aération et saison. Un compost jeune peut être utilisable pour certains usages en quelques mois, tandis qu’une maturation plus complète, avec une texture homogène, peut demander plusieurs mois supplémentaires. Il n’existe pas de durée universelle applicable à toutes les situations.
Que peut-on mettre dans un compost ?
Le tableau ci-dessous récapitule les déchets courants qui peuvent être compostés à la maison.
| Déchet | Compostable ? | Conseil |
|---|---|---|
| Épluchures de légumes | Oui | Couper les gros morceaux pour accélérer la décomposition |
| Marc de café | Oui | Peut être ajouté avec le filtre papier s’il n’est pas plastifié |
| Coquilles d’œufs | Oui | Les écraser grossièrement avant de les ajouter |
| Feuilles mortes | Oui | Très utiles comme matière sèche structurante |
| Tonte de gazon | Oui | À apporter en petites quantités, mélangée à des matières sèches |
| Carton brun | Oui | Déchiqueter et retirer adhésifs et fenêtres plastiques |
| Fruits abîmés | Oui | Mélanger avec des matières sèches pour éviter l’excès d’humidité |
Que ne faut-il pas mettre dans un compost ?
Certains déchets sont à exclure systématiquement d’un compost domestique : plastiques, verre, métal, mégots, produits chimiques, litières minérales, bois traité, ainsi que les plantes envahissantes déjà montées en graines, car un compost de particulier n’atteint généralement pas une température suffisante pour détruire ces graines.
Le cas de la viande, du poisson, des produits laitiers et des plats cuisinés est plus nuancé. Ces déchets sont techniquement biodégradables, mais ils sont souvent déconseillés dans un composteur domestique classique car ils peuvent attirer les nuisibles, provoquer des odeurs et compliquer la gestion du tas. Ce n’est donc pas une interdiction absolue, mais une précaution à adapter selon le type d’installation.
Matières vertes et matières brunes : comment équilibrer son compost ?

Les matières vertes apportent surtout de l’azote et de l’humidité, tandis que les matières brunes apportent du carbone et de la structure. Leur combinaison permet de limiter les odeurs, le tassement, l’excès d’humidité et une décomposition trop lente. Quelques associations simples fonctionnent bien au quotidien : épluchures avec des feuilles mortes, tonte fraîche avec du carton brun déchiqueté, ou encore marc de café avec du broyat.
Faut-il mettre de la terre dans le compost ?
Il n’est généralement pas nécessaire de remplir un composteur de terre. Un peu de terre peut arriver naturellement avec certains végétaux ou être ajoutée ponctuellement, mais elle ne constitue en aucun cas l’ingrédient principal du compost. L’idée selon laquelle il faudrait obligatoirement intercaler une couche de terre entre chaque apport n’est pas une règle fiable.
Faut-il utiliser un activateur de compost ?
Un compost qui reçoit suffisamment de matières variées, d’humidité et d’oxygène peut généralement se décomposer sans avoir recours à un activateur du commerce. Certains ajouts comme des orties, des matières fraîches azotées ou un peu de compost déjà mûr peuvent donner un coup de pouce, mais ils ne doivent pas être présentés comme des solutions miracles capables de transformer un compost mal équilibré.
Pourquoi mon compost ne fonctionne pas ?
| Problème | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| Mauvaise odeur | Trop humide ou manque d’air | Ajouter des matières sèches et mélanger le tas |
| Compost très sec | Manque d’humidité | Humidifier légèrement et ajouter des matières fraîches |
| Rien ne se décompose | Trop sec ou morceaux trop gros | Humidifier et fragmenter les déchets |
| Beaucoup de moucherons | Déchets frais laissés à l’air libre | Recouvrir systématiquement de matières sèches |
| Compost compact | Trop de matières humides | Ajouter du broyat ou des feuilles sèches et aérer |
Combien de temps faut-il pour faire du compost ?
La vitesse de décomposition dépend fortement des conditions : nature des déchets, taille des morceaux, aération, humidité et température ambiante. On distingue généralement un compost jeune, encore reconnaissable et pas totalement homogène, d’un compost mûr, plus sombre et plus fin. Il n’est pas réaliste de promettre un compost prêt en trente jours comme règle générale : selon les cas, cela peut aller de quelques mois à une durée plus longue pour une maturation complète.
Comment savoir si le compost est mûr ?
Un compost mûr présente plusieurs signes reconnaissables : une couleur sombre, une texture relativement homogène, une odeur proche de celle du sous-bois ou de la terre, et des déchets d’origine difficiles à identifier. La température du tas se rapproche également de celle de l’environnement extérieur. Il est normal que certains éléments plus ligneux restent visibles ; ils peuvent être tamisés ou replacés dans le compost suivant pour poursuivre leur décomposition.

Comment utiliser son compost au jardin ?
Un compost mûr peut être utilisé au potager, au pied des arbustes, dans les massifs, ou mélangé à d’autres substrats pour certaines plantations. Il s’utilise généralement comme amendement, c’est-à-dire pour enrichir le sol existant, et non comme un remplacement systématique de toute la terre. Il n’est pas adapté à toutes les plantations dans les mêmes proportions ; mieux vaut ajuster la quantité selon les besoins des plantes concernées.
Peut-on faire du compost sans jardin ?
Oui, plusieurs solutions existent pour les personnes qui n’ont pas d’extérieur. Le lombricomposteur, installé sur un balcon ou même à l’intérieur, permet de composter les déchets alimentaires grâce à des vers spécifiques. Le compostage partagé, organisé au sein d’un quartier ou d’une copropriété, est également une option de plus en plus répandue. Enfin, de nombreuses communes proposent désormais des points de collecte dédiés aux biodéchets. Le bokashi est parfois mentionné dans ce contexte : il s’agit toutefois d’un procédé de fermentation différent du compostage classique, utilisé en amont avant un compostage complémentaire.
Le compostage est-il obligatoire en France ?
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la loi impose aux collectivités françaises de proposer à leurs habitants une solution de tri à la source des biodéchets. Cela ne signifie pas que chaque foyer est obligé de posséder son propre composteur : l’obligation porte sur l’accès à une solution, qui peut prendre la forme d’un compostage individuel, d’un compostage collectif ou partagé, ou d’une collecte séparée organisée par la collectivité. Un an après l’entrée en vigueur de cette mesure, environ un Français sur deux disposait déjà d’une solution de tri des biodéchets mise en place par sa collectivité, et une part significative de ces solutions repose sur des composteurs individuels ou partagés.
Les erreurs à éviter quand on débute un compost
- Mettre uniquement des épluchures, sans aucune matière sèche
- Verser de grosses quantités de tonte fraîche d’un seul coup
- Laisser le compost complètement sec pendant des semaines
- Noyer le compost avec trop d’eau ou trop de déchets humides
- Ne jamais l’aérer ni le mélanger
- Mettre des déchets non compostables comme du plastique ou du verre
- Déposer de gros morceaux entiers sans les couper
- Chercher à obtenir un compost parfait en seulement quelques semaines
- Composter mal en installant sur du béton sans réfléchir
À retenir
- Un bon compost repose sur l’équilibre entre matières humides et matières sèches.
- L’humidité et l’aération sont les deux leviers principaux en cas de problème.
- Il n’existe pas de durée universelle : comptez plusieurs mois selon les conditions.
- Un compost mûr est sombre, homogène et sent la terre ou le sous-bois.
- Depuis 2024, chaque foyer doit avoir accès à une solution de tri des biodéchets, sans obligation de composteur individuel.
FAQ
Comment faire du compost pour débutant ?
Pour débuter, il suffit de choisir un emplacement accessible, d’alterner épluchures et matières sèches comme des feuilles mortes ou du carton, de surveiller l’humidité et d’aérer de temps en temps avec une fourche. Pas besoin de matériel sophistiqué : un simple tas ou un composteur en bac suffit pour commencer.
Peut-on mettre du pain dans le compost ?
En petite quantité et bien émietté, le pain peut se décomposer, mais il attire facilement les rongeurs et les insectes. Dans un composteur domestique classique, mieux vaut l’éviter ou le limiter fortement, surtout près de l’habitation.
Peut-on mettre les coquilles d’œufs au compost ?
Oui, les coquilles d’œufs sont compostables. Il est conseillé de les écraser grossièrement pour accélérer leur décomposition, qui reste plus lente que celle des épluchures.
Pourquoi mettre du carton dans le compost ?
Le carton brun non imprimé apporte du carbone et de la structure, ce qui aide à équilibrer les apports humides et à limiter le tassement. Il doit être déchiqueté et débarrassé de tout adhésif avant d’être ajouté.
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Cela dépend des matières utilisées, de la taille des morceaux, de la saison et de l’entretien apporté. Un compost jeune peut être prêt en quelques mois, tandis qu’un compost bien mûr demande souvent plusieurs mois de plus.